Where the Sun Never Sets invite les visiteur·euse·s à parcourir un territoire où se croisent mémoire nucléaire, observation du ciel et récits de résistance. À travers le regard, devenu outil d’exploration, chacun·e compose son propre chemin dans l’œuvre. L'installation propose une expérience sensible de notre relation à la radioactivité – solaire, atomique et cosmique – et des traces qu'elle laisse dans les territoires comme dans les imaginaires. Son enjeu est alors d’expérimenter des moyens de lier la puissance du regard à une pluralité de narrations sonores spatialisées, en écho avec un territoire spécifique où brillent deux soleils : le soleil « naturel » et celui qui lui fait face : le soleil artificiel (première bombe A) de Trinity Site, New Mexico, qualifié de « deuxième soleil » par J. Robert Oppenheimer.
Au cœur de l'installation, un système d'eye-tracking transforme le regard des visiteur·euse·s en interface de navigation. Les déplacements oculaires activent des fragments sonores, révélant des récits singuliers. Chaque expérience produit une cartographie du regard (heatmap) qui est archivée sur une plateforme en ligne – accessible par QR code – et rejoint une mémoire collective en constante évolution. L'installation associe ainsi enquête documentaire, dispositif interactif et archive vivante afin de rendre perceptibles des histoires et des réalités en contrepoint des récits dominants.
Le projet est né d'une recherche menée au Nouveau-Mexique autour de trois sites emblématiques : Three Rivers Petroglyph Site, Trinity Site (lieu de l'explosion de la première bombe atomique) et le Very Large Array, observatoire radioastronomique dédié à l'exploration du cosmos. Ces trois lieux dessinent un même récit reliant les radiations solaires, atomiques et cosmiques. Durant plusieurs mois, des entretiens ont été réalisés avec des scientifiques, des habitant·e·s, des militant·e·s du Tularosa Basin Downwinders Consortium. Ces témoignages ont été associés à des captations vidéo et sonores réalisées sur les différents sites de recherche.
Avec les témoignages de : Tina Cordova, cofondatrice du Tularosa Basin Downwinders Consortium Timothy Mousseau, biologiste spécialiste des effets de la radioactivité Katherine Spies, astronaute de la NASA Les membres de la communauté des Downwinders de Tularosa (Nouveau-Mexique) Jim Martinez, spécialiste du désert de Chihuahua et président du Chihuahuan Desert Institute Joan E. Price, chercheuse associée au Jornada Research Institute et spécialiste des pétroglyphes de Three Rivers
Avec le soutien de : Villa Albertine, du programme MIRA de l’Institut français et de l’Université d’Évry SIANA.
Élise Morin développe une pratique de recherche-création interdisciplinaire, à l’interface de l’art, des sciences et des territoires. Ses projets s’appuient sur des dispositifs expérimentaux et des collaborations transdisciplinaires pour interroger les régimes de visibilité, les modes de coexistence et la place de l’esthétique dans la production de savoirs situés. Formée à Paris, Londres et Tokyo, elle vit et travaille à Paris.