Quand le ciel recule
Exposition collective art-science
De l'infiniment grand à l’infiniment petit, la modernité scientifique a cherché à tout éclairer, tout rendre net et mesurable, jusqu’à faire « reculer le ciel ». Pourtant, sous ce nouveau ciel, l’opacité du monde n’a pas disparu.
Ce flou contemporain n'est plus le clair-obscur prémoderne (religieux, métaphysique), mais persiste dans l'incertitude épistémique, environnementale et sociale. Un inconnu que la science continue de produire en avançant, et l'art de révéler en déplaçant le regard.
Aussi, si la modernité a fait reculer le ciel, elle ne l’a pas pour autant laissé vide. Quand le ciel recule est une exposition collective qui explore ces territoires incertains. À la manière d'un opérateur de cinéma jouant avec la focale, elle fait alterner le net et le flou, la clarté et l'obscurité, pour troubler nos certitudes et ouvrir de nouveaux espaces de perception. C'est précisément dans ces zones d'ombre persistantes que naissent les questions les plus vives, et les démarches artistiques et scientifiques les plus fertiles.
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Les œuvres réunies explorent cette nouvelle carte céleste à des échelles et dimensions diverses. En renouvelant d’abord notre attention, que ce soit en magnifiant l'imperceptible diversité du vivant de L’Air du pollen de Béatrice Albert, Nadia de Bernardi, Vincent Hulot, Tim Schneider et Ikse Maître ou au saisissement provoqué par les aurores boréales des Flammes du renard du Nord de Sami Korhonen.
En acceptant ensuite un nouveau rapport au trouble et à l’instabilité : instabilité épistémique dans l’hésitation entre sensible et intelligible de 914 m de Charles Ménard, instabilité biologique dans la contamination et l’intimité de Cosmologie Virale de Marie Truffier ou encore l’instabilité politique des nouvelles ontologies délétères et de la géo-ingénierie avec la controverse OuCliPo de Mariejulie Bourgeois.
C’est enfin la question de la responsabilité du regard qui est en jeu, celui qui dilate la lumière dans l’espace avec Redshift de Tim Schneider et celui que nous posons sur les traces environnementales et les résonances du passé et du présent de Where the sun never sets d’Élise Morin.
L’exposition Quand le ciel recule s’inscrit dans le projet Résonances art-science Paris-Saclay. Elle est accompagnée d'un programme de rencontres, de lectures et de performances in situ, où artistes, scientifiques et publics se retrouvent pour explorer ensemble les transformations de notre rapport au monde et à ces nouveaux ciels contemporains. Wilde - Le Lieu sera l’écotone, cette zone de transition entre deux écosystèmes : Paris et l’Université Paris-Saclay. À l’Académie du climat, en marge du vernissage et tout au long de l'exposition, des événements prolongeront ces réflexions : conférences, performances, discussions ouvertes à tous·tes, ancrées dans les débats urbains et citoyens d'aujourd'hui.
Exposition collective : Béatrice Albert, Charles Ménard, Elise Morin, Ikse Maître, Mariejulie Bourgeois, Marie Truffier, Nadia de Bernardi, Nicola Lorè, Sami Korhonen, Tim Schneider, Vincent Hulot.
Wilde - Le Lieu
Quand le ciel recule est accueilli par Wilde - Le Lieu du 1er au 12 Juillet 2026. Situé dans le Marais à Paris, ce lieu atypique d’art entre calme et élégance brute, entre vieille pierre, acier, brique et bois, a ici pris la forme d’un terrain de création transdisciplinaire. Fort de ses 210 m² répartis en 6 salles communicantes sur 2 étages, Wilde allie authenticité et style. Sa vocation est d’être un « lieu de rencontres, de nomadismes et d’humanités où nature, culture et monde économique sont invités ensemble à inventer d’autres possibles…» d’après les mots de son fondateur et curateur, Florent Mabilat, lui-même artiste peintre.
L'Académie du Climat
Dans la continuité de l’exposition, l’Académie du Climat reçoit une partie de la programmation, notamment la journée de couplage art-science et bien d’autres activités comme des projections de films, ateliers et tables rondes. L’Académie se situe dans l’ancienne Mairie du IVème arrondissement, Place Baudoyer, au cœur de la vie parisienne. Le bâtiment est divisé en plusieurs espaces thématiques où se déroulent collaborations et activités. Elle a été fondée par la ville de Paris dans l’objectif de sensibiliser et fédérer la jeunesse autour de la justice climatique pour réaliser une transition écologique juste et solidaire.
Les œuvres exposées
Les flammes du renard du nord
Sami Korhonen

Les flammes du renard du nord assemble des strates translucides peintes qui, par superposition et perméabilité, composent un champ chromatique évoquant l’aurore boréale — non pour en reproduire la science, mais pour en emprunter la mécanique : des forces invisibles qui, en interagissant, produisent des apparitions fugitives. Le titre renvoie volontairement à la toponymie finnoise revontulet, littéralement « feux du renard », nom traditionnel des aurores qui provient de la croyance populaire selon laquelle un renard aux poils étincelants balaierait la neige de sa queue et enverrait des étincelles dans le ciel. Le renard, figure du seuil et de la ruse, traverse ces couches et laisse des traces qui parlent de déplacement, de fragilité et de mémoire atmosphérique. À distance, la surface se lit comme un phénomène continu et lumineux ; au plus près, le regard découvre gestes, textures et interventions humaines — coups de pinceau, coutures, effilés — révélant la matérialité qui soutient l’illusion. Entre métaphore poétique et image empruntée à la physique, l’œuvre interroge le retrait des horizons et la manière dont des forces imperceptibles façonnent ce que nous appelons ciel.
Cosmologie Virale
Marie Truffier
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Un grand filet en métal accueille une foule virale ; des éléments en terre absorbent et diffusent des transformations ; des cônes craquelés racontent. Cosmologie Virale nous plonge dans un monde spectral d'il y a des millions d'années – mais dont l’histoire subsiste au fond de nos chairs. Dans cette zone trouble, qui ne permet plus de saisir où s’arrêtent les frontières des choses, des processus s’emmêlent et relatent la plasticité de ceux qui vivent, invisibles, avec, contre et parmi nous. À une époque où nous devons requalifier nos existences humaines sur terre, « il faut prendre soin de nos manières de raconter, car c’est le récit qui rend intelligible, pas la bonne définition », rappelle la philosophe Isabelle Stengers (Résister au désastre, 2019). Ici, les virus sont extraits des récits de contamination guerriers, afin d’affirmer leurs puissances politique et féministe, qui renient, à bas bruit, toutes les formes de domination. Des interfaces poreuses, des odeurs cueillies, des sons métamorphosés habitent l’espace, comme autant de tâtonnements sensibles pour prendre soin de nos imaginaires.
914 m
[Conception] Charles Ménard
[Images] Paul Bugsy
[Conception chorégraphique et performance] Yu Bai

Depuis Platon, la philosophie occidentale sépare le monde entre un « lieu sensible » et un « lieu intelligible ». Tel un atlas, 914 m est une tentative de recartographier notre relation au monde à l’aune de la crise écologique et de la fragilité du système Terre. En apprenant, dans les mots de Bruno Latour, à « habiter la zone critique », seul endroit où existent les conditions de viabilité nécessaires à la vie telle que nous la connaissons. 914 m associe cette Zone critique à la Couche Limite de Frottement qui s’élève à 914 mètres (3000 ft.) en moyenne au-dessus de la croûte terrestre. Partie la plus basse de la troposphère, c’est là que la plupart des événements météorologiques catalysent, par friction avec la surface terrestre. Intensité du vent, précipitations, variation de température et d’humidité sont autant d’éléments que nos sens peuvent immédiatement percevoir. C’est le « lieu sensible ». Au-delà commence le climat, système infiniment plus vaste et complexe, fait de motifs et de régularités que nos corps sont bien moins capables d’appréhender sans passer par les sciences et la raison abstraite. C’est le « lieu intelligible ». Pensé comme un triptyque tourné sur exactement 914 mètres de pellicule 16mm, 914 m est composé de trois films explorant chacun un territoire de cette nouvelle condition écologique. Car la pellicule est elle-même une couche limite : une fine surface sensible où la lumière vient frotter contre l'émulsion, comme la météo contre la croûte terrestre.
L’Air du pollen
[Conception céramique] Béatrice Albert, Nadia de Bernardi
[Scénographie] Ikse Maître
[Composition sonore] Vincent Hulot
[Développement numérique] Tim Schneider

L'Air du pollen est constitué ici d'une dizaine de sculptures en céramique suspendues dans l’espace, représentant des grains de pollen démesurément agrandis, comme échappés d’un herbier céleste. Ils paraissent inertes, rigoureux, presque scientifiques, et révèlent des textures cachées, des aspérités fragiles. Chaque grain de pollen raconte une histoire. Ensemble ils nous parlent de biodiversité. Le merveilleux de ce vivant microscopique insoupçonné interroge sa fragilité et son devenir.
OuCLiPo
Mariejulie Bourgois

OuCLiPo est un projet de recherche et création qui présente la controverse liée à la manipulation du climat et à la géo-ingénierie solaire. L’Ouvroir de Climat Potentiel (OuCliPo) fait référence à la littérature et aux courants surréalistes ainsi qu'au collège de pataphysique qui introduit des jeux de langage et de subculture, détournant les codes scientifiques et académiques. Ces fictions climatiques et spéculatives engagent nos croyances et notre désir de trouver des solutions face aux enjeux climatiques en proposant une fiction basée sur une technologie existante qui se développe outreatlantique : la géo-ingénierie solaire.
Différentes productions sont associées :
– Start-up Nubus
– Collectif d’Artivistes FakeCLoud
Ce sont ici deux entités fictives qui s’affrontent dans une guerre des nuages.
Where the sun never sets
[Conception] Élise Morin
[Direction de la photographie] Olivier Banon & Élise Morin
[Création sonore] Nadège Feyrit & Élise Morin
[Production exécutive] Alexandrine Stehelin
[Assistantes] Isaure Gentit & Margaux Audebert
[Creative technologist] Ferdinand Dervieux

Where the Sun Never Sets invite les visiteur·euse·s à parcourir un territoire où se croisent mémoire nucléaire, observation du ciel et récits de résistance. À travers le regard, devenu outil d’exploration, chacun·e compose son propre chemin dans l’œuvre. L'installation propose une expérience sensible de notre relation à la radioactivité — solaire, atomique et cosmique — et des traces qu'elle laisse dans les territoires comme dans les imaginaires. Son enjeu est alors d’expérimenter des moyens de lier la puissance du regard à une pluralité de narrations sonores spatialisées, en écho avec un territoire spécifique où brillent deux soleils : le soleil « naturel » et celui qui lui fait face : le soleil artificiel (première bombe A) de Trinity Site, New Mexico, qualifié de « deuxième soleil » par J. Robert Oppenheimer.
Avec les témoignages de : Tina Cordova, cofondatrice du Tularosa Basin Downwinders Consortium ; Timothy Mousseau, biologiste spécialiste des effets de la radioactivité ; Katherine, astronaute de la NASA ; Les membres de la communauté des Downwinders de Tularosa (Nouveau-Mexique) ; Jim Martinez, spécialiste du désert de Chihuahua ; Joan E. Price, chercheuse associée au Jornada Research Institute et spécialiste des pétroglyphes de Three Rivers.
Redshift
Tim Schneider

Redshift est une installation vidéo interactive qui invite les visiteur·euse·s à découvrir le monde tel qu'il apparaît en lumière infrarouge (IR). Présentée sous forme de polyptyque sur un nombre variable d'écrans, l'œuvre met en scène des paires de paysages naturels et urbains enregistrés simultanément dans le spectre visible (~380 – 750 nm) et dans le proche infrarouge (~750 – 1400 nm). Les deux vidéos de chaque paire se fondent l'une dans l'autre, le taux de fusion variant en fonction de la distance de visionnage : lorsqu'un·e visiteur·euse se tient loin de l'écran, seule l'image IR est visible. À mesure qu'il s'en approche, l'image se transforme progressivement en la vidéo correspondante en lumière visible. S'éloigner inverse la transformation. Cet effet de changement de couleur, lié à la position et au mouvement relatifs entre l'observateur·ice et l'objet observé, est décrit par le concept physique qui donne son nom à l'installation : le décalage vers le rouge (redshift en anglais). En astrophysique et en cosmologie, le décalage vers le rouge désigne le phénomène par lequel la lumière (ou tout rayonnement électromagnétique) se déplace vers des longueurs d'onde plus grandes. Dans le spectre visible, les longueurs d'onde les plus grandes correspondent au rouge — d'où le nom.
Journée de couplage art-science
Jeudi 2 Juillet de 11h à 20h - GRATUIT |Wilde - le Lieu, 4-6 rue François Miron & L'Académie du Climat, 2 Place Baudoyer, 75004 Paris
Vernissage à partir de 20h | Wilde - Le Lieu
S'inscrivant dans la programmation de l'exposition Quand le ciel recule, la journée de couplage art-science constitue un temps fort de réflexion et de partage. Pensé comme un espace de rencontre privilégié entre artistes, scientifiques, étudiant·e·s et publics curieux, l'événement s'articule autour de groupes de discussion, de conférences, de lectures, de performances et de présentations de travaux transdisciplinaires. Sa vocation première est de fédérer une communauté engagée à la croisée des savoirs, d'explorer les résonances intimes entre l’art et la science, de favoriser des interactions inédites et de catalyser l'émergence de futures collaborations. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour découvrir le programme et vous inscrire.
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Programme de la journée
11h - 13h — Quand le ciel recule | Les œuvres chez Wilde - Le Lieu
Charles Ménard, Nadia de Bernardi, Béatrice Albert, Tim Schneider, Marie Truffier
Une partie des artistes et des scientifiques qui exposent chez Wilde - Le Lieu présentent leurs œuvres et partagent leur processus créatif avec le public. Un moment d'échange privilégié, à la découverte de Quand le ciel recule.
14h - 15h30 — Présentations de travaux art-science
- A Space in Us - carnet de recherche | Zéphir Lorne
Entre art, technologie et attention à l’expérience vécue, cette présentation ouvre un carnet de recherche en cours. À partir de quelques repères issus des sciences cognitives, elle explore et interroge la manière de concevoir et de mesurer des expériences. Les projets A Space in Us et Réespiration, invitant à la contemplation et à une perception plus sensible de nos interdépendances, illustreront cette démarche.
- As long as clouds exist // Love and sky on the spectrum | Charlotte Mariel
La projection d’extraits de ses deux films tournés en caméra thermique ouvre la discussion sur l’usage de la vision infrarouge comme outil d'exploration et de réflexion sur nos limites perceptives et la souffrance de la biosphère. En observant le vivant et le non-vivant, ces films mettent en lumière ce à quoi nous sommes attachés et ce qui nous relie au monde.
- Engagement écologique et démarche curatoriale | Julie Sicault Maillé
Aussi bien dans l'accompagnement d'un projet artistique que dans la conception d'une exposition, nous partageons la même intention : distiller du sensible dans la perception de notre relation aux vivants et à la terre. En se nourrissant mutuellement, recherches artistiques et recherches scientifiques se tressent pour rendre manifeste notre appartenance à un tout.
16h - 18h — Performance Make Earth Blue Again
Mariejulie Bourgeois
Nubus propose une solution au réchauffement climatique : la géo-ingénierie solaire. Cette start-up française diffuse des nuages bleus pour rafraîchir le ciel en collaboration avec le laboratoire de pataphysique des fluides. Ces innovations sont distribuées auprès des industries polluantes, des collectivités et des particuliers. Sous la forme d'une conférence performée, Mariejulie Bourgeois surfe sur l’imaginaire techno-solutionniste et alimente nos désirs de réparation par une approche satyrique des enjeux climatiques.
18h - 19h — Échange | Crise du Klíma - Inclinaison du ciel et de la terre, l'ambiance sociale en crise du réel
Il n’y a plus de doute, la fabrique du climato-dénialisme alimente la guerre culturelle. Le nouvel obscurantisme balaye le greenwashing et prolonge la manipulation des opinions dans les intérêts économiques des oligarques. Nous avons atteint un point de non-retour idéologique. Comment les scientifiques et les artistes peuvent jouer un rôle face à cette machine de désinformation massive ?
19h-20h - Lecture de poèmes & projection
Sabrina Calvo, Élise Morin
Une lecture d’extraits de Mais cette vie-là demande. toujours. plus. de. lumière. met en dialogue la poésie de Sabrina Calvo et une projection vidéo d’Élise Morin, développée en complicité avec Élise Colin. Nourries par une recherche menée au Nouveau-Mexique sur les deux soleils, les images explorent la notion d’infravie, dans l’espace incertain où se rencontrent perception, signal et imagination.
Les événements autour de l'exposition
Pour prolonger ces rencontres autour de Quand le ciel recule, plusieurs soirées événements ont lieu :
Samedi 4 Juillet| dès 20h, Place Baudoyer, 75004 Paris : spectacle plein air – La Ferme d'Olivier Renouf
Lundi 6 Juillet | L'Académie du Climat
19h - 20h30 : Sublimer la catastrophe : feu, matière et référentialité de l'image, projection de Leçons de ténèbres de Werner Herzog avec Giovanni Perolo
20h30 - 21h30 : Écologies du sublime : de la recherche à l'expérience avec Assim Kalouaz
Mercredi 8 Juillet | Wilde - Le Lieu
Apéro art-écologie
19h - 20h : Projections d'As long as clouds exist & Love and the sky on the spectrum de Charlotte Mariel
Dès 21h : Performance musicale Sounding - de la ligne Kármán à zéro de Filippo Fabbri
Samedi 11 Juillet | Wilde - Le Lieu
Dès 19h : Restitution de Stéréo-drama 1 - Il y a cent mètres entre mes deux oreilles par La Plaine
Dès 20h : Finissage

La Ferme — 4/07/26, 20h, Place Baudoyer, 75004 Paris
Olivier Renouf

« Comment ne pas faire taire ce lieu où j’ai vécu jusqu’à mes vingt ans, qui a fondé mon être et mon attachement à la terre, "ce monde premier que je quitterai, et qui ne me quittera pas" pour reprendre les mots de Marie-Hélène Lafon. Revenir aux sources, pour retranscrire par la danse ce lieu de construction, de travail et de communion avec la nature. Il s'agit ici d'une installation chorégraphique d'où surgissent des danses, des mouvements liés au labeur, des histoires de vies singulières, des pans de mémoires. Parfois l'homme est au travail, parfois il est pris comme un personnage dans le paysage. Il y a des sensations, des gestes sédimentés du travail de la terre, je ne cherche pas à les illustrer mais plutôt à les évoquer, les transformant en gestes dansés, en chorégraphie, immortalisant ainsi par l’art ce savoir en voie de disparition. Ce titre peut s’entendre dans un sens double : évocation de l’univers agricole vu par un enfant et injonction au silence intimé au monde paysan. »
Sublimer la catastrophe : feu, matière et référentialité de l'image – projection de Leçons de ténèbres de Werner Herzog — 6/07/26, 19h - 20h30, Académie du Climat, 75004 Paris
Giovanni Perolo

Lors de sa présentation au Festival de Berlin en 1992, Leçons de ténèbres de Werner Herzog, tourné au Koweït sur les puits de pétrole laissés en feu après la Première Guerre du Golfe, suscita une vive contestation de la part du public présent dans la salle. Celui-ci accusait le réalisateur d’avoir transformé un événement historique précis en une science-fiction sublime et fortement esthétisée. Pourtant, face à cette prétendue incompatibilité entre le spectacle et une sensibilité éco-politique dans les images de pétrole en flammes, une réflexion plus profonde sur le pétrole en tant que matière visuelle, sur les possibilités de sa représentation, et sur la guerre elle-même transparaît. En réactivant les affinités du médium cinématographique avec les éléments du mouvement par excellence, Leçons de ténèbres sublime les événements et la matière dans un champ d'investigation sur les limites du regard et sur le rapport de référentialité entre les images et le monde lui-même. En d'autres termes, confrontée au pétrole, l'image se repense elle-même dans ses interrelations avec la matière extraite, les corps et l'environnement, et place l'événement destructeur dans une dimension d'excès radical qui amplifie les dimensions testimoniale et esthétique vers une dialectique contemporaine.
Ecologies du Sublime : de la recherche à l'expérience — 6/07/26, 20h30 - 21h30, Académie du Climat, 75004 Paris
Assim Kalouaz

Le sublime, chez Burke comme chez Kant, surgit au contact de ce qui nous dépasse, là où la fascination se mêle à l'effroi. La psychologie contemporaine s'est emparée de cette expérience et en a dégagé les ressorts : le sentiment d'immensité, le vacillement de nos repères face à ce qui excède nos attentes, et cette ambivalence où la beauté n'est jamais loin de l'inquiétude. En cerner les composantes, qu'elles soient cognitives, affectives ou phénoménologiques, c'est se donner les moyens de les observer et de poser autrement cette question : peut-on créer, à dessein, des expériences qui suscitent cette émotion ? C'est l'objet d'une démarche de création adossée à la recherche, où ce que la psychologie sait du sublime oriente directement les choix de conception. Il s'agit de traduire des composantes abstraites, le sentiment d'immensité, la révision de nos schémas, le rapport du corps à l'espace, en paramètres de conceptions d'une œuvre, puis de laisser cette œuvre devenir à son tour un terrain d'étude et un outil expérimental. Cette circulation entre savoir et création ouvre un langage commun, où les choix esthétiques peuvent se discuter, se comparer et se transmettre entre disciplines qui décrivent souvent le même phénomène avec des mots différents.
Projections d'As long as clouds exist & Love and the sky on the spectrum — 8/07/26, 19h - 20h, Wilde - Le Lieu, 75004 Paris
Charlotte Mariel

Charlotte Mariel présentera et projettera des extraits de ses films As long as clouds exist (2026) et Love and sky on the spectrum (2026), afin d’ouvrir la discussion sur l’usage de la vision infrarouge pour imaginer l’altérité des sensibilités et des vécus. Filmer à la caméra thermique est né d’un émerveillement à la découverte de cet outil : celui de voir le monde autrement, avec une vision non-humaine. De ce bouleversement sensible ont émergé des questions plus philosophiques sur les seuils et les limites de la perception humaine, sur la thermoception, et des questions d’ordre esthétique sur les possibilités techniques, plastiques et figurales qu’offre la caméra thermique. De là, différents gestes d’observation, de tournage et de montage ont été réalisés pour rendre compte de la variabilité de l’atmosphère, de la météo-sensibilité humaine, de la souffrance de la biosphère en pleine canicule... Observer, de jour comme de nuit, les nuages dans le ciel, les insectes, les corps, l’eau, imaginer la vie du vivant, celle des éléments non-vivants, ce à quoi nous sommes attachés, met en lumière ce qui ne nous distingue pas du monde et ce qui nous relie : formes, irrégularités, porosité, imprévisibilité, variétés, complexe, dynamique, turbulence, infini...
Performance musicale : Sounding - de la ligne Kármán à zéro — 8/07/26, dès 21h, Wilde - Le Lieu, 75004 Paris
Filippo Fabbri

Sounding est une performance musicale et sonore fondée sur la traversée verticale de l’atmosphère terrestre, depuis la ligne de Kármán (100 km), frontière conventionnelle de l’espace, jusqu’au sol. Les propriétés physiques des différentes couches atmosphériques — densité, température, pression, propagation du son — deviennent ici des matériaux compositionnels qui structurent l’œuvre musicale. À l’image des neuf cieux décrits par Dante Alighieri dans le Paradis, l’œuvre propose un parcours vertical à travers les strates du ciel. Dans un contexte de bouleversements climatiques, elle invite à écouter l’atmosphère comme une matière commune et vulnérable, dont les transformations témoignent de l’empreinte croissante des activités humaines sur le ciel lui-même.
Restitution de Stéréo-drama 1 – Il y a cent mètres entre mes deux oreilles — 11/07/26, dès 19h, Wilde - Le Lieu, 75004 Paris
Collectif La Plaine

Cette restitution rassemble les traces d'un dispositif performatif réalisé lors du festival Bien l'Bourgeon (organisé par l’association Mix’Arts) en juillet 2026 à Gresse-en-Vercors par le collectif La Plaine. « Lors de ce festival, nous avons enregistré une forêt à l'aide de deux microphones distants d'une centaine de mètres, puis soumis cet enregistrement à une écoute au casque. Le geste est simple : déplacer l'étalon de l’écoute de l'échelle du corps à l'échelle du paysage. Ce faisant, la perception devient impossible, et c'est précisément cette tension qui nous intéresse. » Face à deux panneaux, les participant·e·s ont traduit au recto ce qu'ils·elles entendaient en mouvements de formes aimantées, produisant au verso une scène pour les spectateur·ices. Les vidéos ici rassemblées donnent à voir ces lectures superposées d'un même paysage sonore, chaque interprétation comme une mise en scène singulière, une dramaturgie du geste d'écoute. Leur accumulation forme une enquête collective : peut-on y distinguer des patterns, des manières partagées de traduire un paysage sonore ? La Plaine cherche, par ce dispositif, à créer les conditions d'une écoute attentive à un milieu, à donner forme aux interprétations qu'il suscite, et à les archiver comme autant de traces d'une connaissance collective et sensible.
Ateliers à l'Académie du Climat - sur inscriptions
En résonance avec le parcours de l'exposition Quand le ciel recule, une série d'ateliers est proposée. Ces temps de rencontre sont conçus comme des moments collaboratifs où le public est invité à manipuler, observer et créer. Les ateliers offrent une occasion unique de s'approprier les questionnements de l'exposition à travers l'expérimentation collective.
Lundi 6 Juillet| 17h - 19h : Des gestes du vivant, animé par Mùden Water
Mardi 7 Juillet
10h - 13h : Cyanomètre, animé par Lucy Winkelmann
15h - 17h : Observer, transposer les formes du vivant - fleurs et pollens, animé par Béatrice Albert et Nadia de Bernardi
17h - 19h : Contaminations affectives – Expérience Géosmine, animé par Marie Truffier
Je m'inscris aux ateliers !

Des gestes du vivant — 6/07/26, 17h - 19h
Mùden Water

Cet atelier, animé par Mùden Water, invite à repenser notre rapport aux animaux en milieu urbain et les gestes artistiques pour interagir avec le vivant. En questionnant comment notre culture et nos habitudes façonnent nos perceptions, nous explorerons le regard, la posture, le mouvement et la voix. Venez partager vos récits avec le vivant — animal ou végétal —, vos sensations ou votre envie de créer des interactions corporelles avec vos environnements. Cette expérimentation artistique collective cultive un esprit solidaire et écologique, créant une résonance avec le vivant — entre fragilité et puissance — qui fait écho aux enjeux contemporains.
Cyanomètre — 7/07/26, 10h - 13h
Lucy Winkelmann

L'atelier, animé par Lucy Winkelmann, propose une initiation au cyanotype, ancien procédé photographique aux nuances de bleu profond. À partir d’images de “matières de ciel”, les participant·e·s expérimenteront différents temps d’exposition afin de créer leur propre gamme de bleus, inspirée du cyanomètre. L'atelier sera aussi l’occasion de découvrir une courte histoire de la photographie et des recherches de John Herschel. Chaque participant repartira avec son « pantone de ciel », et une œuvre collective pourra être réalisée durant l’atelier.
Observer, transposer les formes du vivant - Fleurs et pollens — 7/07/26, 15h - 16h Puis 16h - 17h
Béatrice Albert & Nadia de Bernardi

Ateliers d’exploration de la diversité des structures florales et des pollens. Des loupes binoculaires ainsi que des microscopes permettront d’explorer cette diversité surprenante et fascinante. Chacun à son rythme et suivant sa curiosité rentre dans ce monde et peut discuter des structures observées et de leur transposition artistique.
Contaminations affectives - Expérimentation Géosmine — 7/07/26, 17h - 19h
Marie Truffier

La géosmine est une molécule produite par des bactéries du genre Streptomyces. Elle est responsable de l’odeur caractéristique de la terre après la pluie. À partir de cette molécule, Expérimentation Géosmine interroge les relations entre perception, affects et imaginaires microbiens. Le dispositif met en regard différentes formes de représentation d’une même réalité biologique : image et odeur. Il explore la manière dont ces médiums influencent notre rapport aux microbes. Alors que les représentations visuelles des bactéries sont souvent associées à des imaginaires de menace ou de contamination, l’odeur de la géosmine évoque fréquemment la forêt, l’humus, la pluie ou des souvenirs personnels. Une même entité microbienne peut ainsi susciter des affects radicalement différents selon les formes par lesquelles elle est rencontrée. Conçu comme un atelier expérimental et un protocole de recherche-création, il s’inscrit dans le projet de thèse Contaminations affectives. Il propose d’explorer comment des expériences sensibles peuvent contribuer à transformer les imaginaires associés aux microbes, en ouvrant un espace de circulation entre hostilité et hospitalité.
Les intervenants, artistes et scientifiques

Sami Korhonen
Sami Korhonen est un créateur de mode et artiste multimédia né à Helsinki et basé à Paris. Formé au design vestimentaire au Brésil et au théâtre en Finlande, il travaille à l'intersection de la mode sur-mesure, de la création de costumes pour le théâtre et la danse, et des arts visuels. Ses œuvres ont été exposées à l'international, notamment au Carrousel du Louvre à Paris, et ses collections ont été présentées à Londres.

Marie Truffier
Marie Truffier est artiste, designeuse et agrégée de design. Diplômée de l’École des Arts Décoratifs – PSL en 2023 et formée à l’ENS Paris-Saclay en tant que normalienne, elle rejoint en 2024 le laboratoire EnsadLab-PSL. Depuis 2020, elle développe un travail de recherche-création autour des imaginaires associés aux microbes. À travers la conception de dispositifs artistiques multisensoriels, son projet de thèse, Contaminations Affectives, cherche à interroger le rôle de l’expérience affective dans la perception des dynamiques microbiennes. En parallèle de ses recherches, elle cofonde en 2024 le collectif La Plaine, un lieu de fictions où plasticien·nes et chercheur·es collaborent à la création de performances mêlant texte, image, décor et production sonore.
Charles Ménard
Charles Menard est un artiste visuel et doctorant franco-suisse. Son travail explore nos différents régimes de sensibilité à l'anthropocène à travers diverses disciplines audiovisuelles (argentique, art digital, photographie, scan LiDAR...). Il est le cofondateur de L'Observatoire de la fiction, une association qui a pour mission d'étudier les représentations de l'écologie dans les œuvres de fiction.

Béatrice Albert
Enseignante-chercheuse à l’Université Paris-Saclay, et artiste céramiste, Béatrice Albert explore la genèse des formes du vivant et leurs transformations.

Nadia de Bernardi
Designer au sein de bureaux de style Parisien et internationaux pendant de nombreuses années, Nadia de Bernardi poursuit son chemin créatif à travers la pratique de la céramique.

Mariejulie Bourgeois
Artiste numérique & Designer, Docteure en Esthétique Science et Technologie des Arts et Enseignante. Française née en 1981 à Paris, elle vit à Cachan et travaille à Saclay. En 2008, elle suit le Master Nouveaux Médias de l’ENSCI dans lequel elle amorce une recherche utilisant les technologies numériques. Puis elle intègre le cycle de recherche d’EnsadLab sur les Dispositifs Relationnels et les Installations Interactives en 2009. En 2018, elle soutient un doctorat en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts sur les « Fictions solaires : les dispositifs qui simulent les comportements de la lumière du Soleil » à l’Université Paris 8. Depuis 2013 elle enseigne à l’Université de Paris-Saclay et à l’ENS depuis 2022.

Élise Morin
Élise Morin développe une pratique de recherche-création interdisciplinaire, à l’interface de l’art, des sciences et des territoires. Ses projets s’appuient sur des dispositifs expérimentaux et des collaborations transdisciplinaires pour interroger les régimes de visibilité, les modes de coexistence et la place de l’esthétique dans la production de savoirs situés. Formée à Paris, Londres et Tokyo, elle vit et travaille à Paris.

Tim Schneider
Tim Schneider a été formé à la physique des hautes énergies et est titulaire d'un doctorat en radiothérapie et hadronthérapie. Ayant évolué vers le domaine de l'art-science, ses recherches à l'Université Paris-Saclay sont maintenant centrées sur les installations immersives dans des espaces ouverts et sur l'étude de nouvelles approches pour les systèmes de suivi des personnes et des mouvements. En outre, il est membre du collectif Le sas où il travaille principalement sur la création et le développement d'œuvres et d'expériences d'art numérique interactives.

Zéphir Lorne
Zéphir Lorne est étudiant en Science Cognitive Cognitive (Msc.). à l'ENS-PSL. Codeur et vidéographeur, il explore les liens entre disciplines - sciences et arts - pour ramener de l'apaisement en ce monde et cherche à voir comment la technologie peut y contribuer afin d'estimer son influence sur le psychologique et les indicateurs physiologiques comme l’attention/conscience, la régulation des émotions/états affectifs, la relaxation/bodily grounding.

Charlotte Mariel
Charlotte Mariel est Docteure en Arts (Laboratoire LISAA – Littérature Savoirs & Arts – Université Gustave Eiffel) et Professeure Agrégée en Arts plastiques titulaire à l’Université Paris-Est Créteil où elle enseigne l’esthétique et l’histoire des arts en lien avec les enjeux environnementaux, la communication et les pratiques créatives. Elle est membre des associations Non-conférence et TRAS – Transversale des Réseaux Arts Sciences, et co-organisatrice d’événements et dispositifs « arts & sciences ». Au confluent des théories sur l’art, de la sociologie, de la philosophie et des sciences de l’information et de la communication, ses recherches portent sur les représentations des fluides (air, eau, sang, électricité, pétrole, gaz de schiste, etc.). À travers le prisme d’enjeux transdisciplinaires liés aux socio-écosystèmes, elles interrogent les dispositifs artistiques, les méthodes et pratiques de recherche-création, et les notions de vulgarisation, médiation et sensibilisation.

Julie Sicault Maillé
Diplômée de l’Ecole du Louvre et de sciences politiques, Julie Sicault Maillé a débuté sa carrière professionnelle dans la médiation culturelle et les politiques des publics. Riche de cette proximité avec les publics, elle s’est orientée vers le commissariat d’exposition. Non pas « auteur » d’exposition, elle appréhende sa réflexion sur la conception d’exposition de la même manière qu’elle aborde la médiation, à savoir en mettant en oeuvre une forme de maïeutique. En tant que commissaire d’exposition, elle accompagne les créateurs (plasticiens, architectes, designers ou encore paysagistes) dans le développement de leurs réflexions et la création de leurs œuvres. Ses sujets de prédilection sont les questions du paysage et de l’espace public, de l’écologie et du vivre ensemble. Julie Sicault Maillé est responsable des expositions au Domaine départemental de Chamarande et de la collection du FDAC (Fonds départemental d’art contemporain) de l’Essonne.

Valérie Masson Delmotte
Valérie Masson Delmotte est chercheuse CEA au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement à Paris Saclay, qui fait partie de l'Institut Pierre Simon Laplace. De 2015 à 2023, elle a été co-présidente du groupe de travail du GIEC qui porte sur les bases physiques du changement climatique, et a co-supervisé plusieurs rapports faisant le point sur l'état des connaissances vis-à-vis du changement climatique. Depuis 2018, elle est aussi membre du Haut Conseil pour le Climat, chargé d'évaluer les politiques publiques vis-à-vis de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de l'adaptation au changement climatique, et formuler des recommandations. Elle est également très investie dans le partage des connaissances liées au changement climatique.

Jens Hauser
Jens Hauser est un chercheur en media studies et curateur d'art à Paris et Copenhague. Il se concentre sur les interactions entre art et technologie, trans-genre et esthétique de l'hybride. Il est actuellement chercheur à l'Université de Copenhague - Medical Museion, en double post-doctorat à la Faculté des Sciences Humaines et à la Faculté de la Santé et des Sciences Médicales. Il coordonne le réseau (OU)VERT (pour les Greenness Studies). Il est aussi post-doctorant senior à l'Université de Médecine de Vienne, membre honoraire affilié au Département d'Art, d'Histoire de l'Art et de design à la Michigan State University, où il co-dirige le programme de résidence artistique BRIDGE. Jens Hauser est aussi un membre affilié au Département de la Science de l'Image à la Danube University Krems, un conférencier invité à l'Université des Arts Appliqués de Vienne, à l'Université d'Innsbruck, à l'Université Panthéon Sorbonne et un chercheur affilié à l'École Polytechnique de Paris Saclay. Il a été Chair de l'European Society for Literature, Science and the Arts en 2018. Il est aussi un collaborateur clé de l'European culture channel ARTE depuis 1992, et a produit de nombreux reportages pour les services de radiophonie publique allemand et français ainsi que publié une large variété d'essais.

Sabrina Calvo
Sabrina Calvo est une écrivaine, plasticienne, conceptrice de jeu, dessinatrice et scénariste. Elle est l'auteure d'une dizaine de romans et de nouvelles, parmi lesquels son premier roman parut en 1997, Délius une chanson d'été, mais aussi Wonderfull (2001 ; Prix Julia-Verlanger du meilleur roman 2002), ainsi que Sous la colline (2015 ; Prix Bob-Morane du meilleur roman 2016) où elle parle de transidentité et Toxoplasma (2015 ; Grand prix de l'Imaginaire 2018, Prix Rosny Aîné 2018). Son dernier livre, sorti en 2025, est le recueil de poèmes en prose Mais cette vie-là demande. toujours. plus. de. lumière. aux éditions du commun.

Olivier Renouf
Après avoir suivi des études en arts plastiques, Olivier Renouf entre au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers en tant qu’interprète. En 2000, il fonde la compagnie L’Yeuse avec Erika Zueneli, chorégraphe et danseuse. Il articule sa recherche sur un certain rapport à la matière et à la nature, notamment par l’utilisation de matériaux pauvres ou recyclés qui deviennent un point d'appui pour l'imaginaire et permettent de développer des univers scénographiques et chorégraphiques imbriqués. À partir de 2008 il travaille principalement avec des bâtons, sacs à gravats et terre. Diplômé d’état, il enseigne régulièrement, sous formes de stages, cours et ateliers, auprès des amateurs ou des publics éloignés du monde de l’art, mais aussi dans le cadre scolaire du premier cycle au lycée. Sa pratique est influencée par les arts martiaux et le qi-gong.

Giovanni Perolo
Avec une formation en littérature, en cinéma documentaire et en arts visuels, le parcours de Giovanni Perolo a été façonné par l'interaction entre la théorie et la pratique de l'image. Depuis 2023, il est doctorant en culture visuelle à l'Université de Milan et à l'Université IUAV de Venise. En 2025, il a effectué un stage doctoral à l’Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel de l’Université Sorbonne Nouvelle, à Paris. Les recherches de Giovanni portent sur les liens esthétiques, politiques et technologiques entre la culture visuelle et la pensée écologique à travers l’ étude du pétrole en tant que matériau visuel.

Assim Kalouaz
Assim Kalouaz est doctorant à l’University College Dublin (UCD) en psychologie et est artiste digital. Ses recherches portent sur l’émerveillement en tant qu’expérience émotionnelle, comment elle se construit et comment elle peut prendre la forme d’une expérience interactive. Sa pratique artistique s’attache alors à créer des installations interactives basées sur des fondements scientifiques et remplies d’émerveillement. Ses intérêts sont multiples, entre aider la science à sortir des papiers via l’engagement du public ; mesurer l’impact de l’art, de la science et de la technologie sur le bien-être des artistes et du public par l’expérimentation ; permettre à la recherche expérimental de se connecter à la création artistique ; re-penser les pratiques d’art digital pour leur donner une dimension de support à la santé mentale

Filippo Fabbri
Filippo Fabbri, maître de conférences à l’Université Paris-Saclay depuis 2010, est ingénieur, physicien, pianiste et compositeur. Ses recherches se situent aux intersections des nanosciences et du sound-art, avec un intérêt particulier pour les matériaux intelligents, l’acoustique adaptative et les technologies immersives. Il conçoit des univers sonores pour le cinéma, le théâtre et les installations artistiques, explorant la relation entre le son, l'espace et la perception. Parallèlement, il dirige des formations professionnelles en techniques du son et de l’image et a fondé le studio «STAR» de l’IUT de Cachan. Ses créations, présentées en France et à l’étranger, témoignent d’une démarche innovante mêlant science et art.

Collectif La Plaine
L’association La Plaine est un collectif de plasticien·nes et de chercheur·euses qui développe une pratique à la croisée de la performance, du paysage et du récit. À partir de méthodologies issues des sciences, de l’art et du design, ils·elles mènent des enquêtes de terrain, depuis lesquelles ils concoivent des dispositifs et des performances in situ qui interrogent les conditions de perception, de narration et d’attention aux milieux. Fondé en 2024, le collectif réunit Daniel Cadot (doctorant en design et écoacoustique, MNHN), Virgile Malarewicz (docteur en géosciences, Nantes Université), Juliette Mirabito (chargée de la programmation, Frac Lorraine), Diane Reynier (artiste et scénographe) et Marie Truffier (pré-doctorante EnsadLab et artiste-designer).

Mùden Water
Mùden Water est artiste plasticienne et chercheuse, membre résidente du collectif Non-Étoile. Elle termine une thèse en recherche-création à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, intitulée Murmures interspécifiques en milieu urbain : enquête et explorations artistiques pour réparer notre relation au vivant.

Lucy Winkelmann
Lucy Winkelmann est une artiste photographe dont le travail explore les liens entre mémoire, transmission et expérimentation photographique. À travers des procédés anciens et alternatifs — collodion humide, cyanotype, ambrotype, ferrotype ou encore photographie brodée — elle mêle photographie, textile et archives pour créer des œuvres sensibles entre documentaire et poésie visuelle. Ses projets s’inspirent souvent de voyages, d’histoires individuelles et de patrimoines oubliés, questionnant la trace, l’absence et la mémoire collective.